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Finance comportementale : apprends à te connaître

13 octobre, 2020
8 min
Finance comportementale : apprends à te connaître
débutant
Tu apprendras

    Le « biais cognitif » (biais) se produit chaque fois que nous n’évaluons pas une situation rationnellement, mais que nous la jugeons uniquement sur la base de nos croyances. 

    Si nous ne connaissons pas nos biais et que nous ne pouvons pas les contrôler, nous risquons de prendre de mauvaises décisions d’investissement. La finance comportementale (Behavioural finance) a identifié ces schémas récurrents et nous aide à les combattre.

    Finance comportementale

    Qu’est-ce que la finance comportementale ? C’est l’étude de l’influence de la psychologie sur le comportement des investisseurs et les répercussions de ces mécanismes sur les marchés. Ce champ d’étude suppose que les investisseurs ne sont pas toujours rationnels, ont des limites à leur auto-contrôle et sont influencés par leurs propres préjugés.

    finance comportementale

    Biais : effet de troupeau

    Lors de l’évaluation d’un investissement, imiter les choix de connaissances ou d’amis peut être très risqué. Attention, si quelqu’un nous communique des informations ou plutôt nous montre ses stratégies, c’est bien, mais chaque nouvelle entrée doit être filtrée à travers notre stratégie, en ligne avec nos objectifs et surtout avec notre goût du risque.

    On parle d’effet de troupeau lorsque nous avons tendance à investir plus facilement si quelqu’un que nous connaissons l’a déjà fait. 

    L’effet de troupeau dans le trading 

    Le trading est peut-être le type d’investissement le plus affecté par ce biais. Un investisseur se sent rassuré lorsqu’il sait qu’il prend la même décision commerciale que la majorité. Lorsqu’un effet de troupeau se produit, le prix de l’actif a tendance à s’envoler soudainement. 

    Comment le FOMO peut détruire le marché et les investisseurs

    L’effet de troupeau peut entraîner le FOMO (angoisse de rater quelque chose). Le FOMO entraîne un effet boule de neige sur les marchés : les investisseurs achètent en masse. Le prix monte alors en flèche, mais la valeur atteinte par l’actif n’a aucun sous-jacent, aucun argument économico-financier.

    Les investisseurs ont peur de rater une opportunité et commencent donc à investir. Au lieu d’examiner les fondamentaux du projet ou la fiabilité des informations, ils investissent parce qu’ils pensent que tout le monde fait un choix éclairé et judicieux.

    effect fomo

    Apprends à repérer un marché « gonflé » par le FOMO

    Ces actifs peuvent produire des rendements positifs au début, mais ils sont très dangereux. Ceux qui investissent uniquement sur la base des choix des autres subiront de lourdes pertes. C’est comme profiter d’une bulle, c’est-à-dire d’une tendance très positive mais gonflée par le marché, et qu’aux premiers signes de ralentissement, la valeur s’effondre, car tout le monde est incité à vendre.

    Une telle attitude est très dangereuse, surtout quand il s’agit de marchés très volatils. Par exemple, dans le trading de cryptomonnaie, un jeton peut atteindre son prix maximum et s’effondrer au minimum en quelques heures. Même les plus expérimentés courent le risque d’être victimes de cela. 

    Un cas récent s’est produit avec les actions Tesla ou le token SushiSwap. Dans les deux cas, la hausse des prix a été provoquée par le FOMO. 

    Définition

    FOMO est l’acronyme de Fear Of Missing Out, c’est-à-dire la peur d’être mis à l’écart d’un événement collectif, de toujours rester derrière les autres. 

    Du panic buying au panic selling

    Dans le contexte des investissements, le FOMO entraîne des « panic buying » ou « panic selling », c’est-à-dire que les gens achètent ou vendent en grande quantité par crainte de « manquer une occasion de faire un profit » ou, au contraire, d’être victimes d’un effondrement inattendu du marché. 

    L’achat de panique se produit généralement en raison d’une demande accrue entraînant une hausse des prix. À l’opposé, la vente de panique a l’effet inverse, entraînant une augmentation de l’offre et la baisse du prix. À grande échelle, les deux peuvent avoir des effets dramatiques sur les marchés et, par conséquent, sur les portefeuilles des investisseurs.

    Avant de prendre des décisions financières et de ne pas être victime de biais, il est très important de faire des recherches. Utilise une méthode (nous en donnerons un exemple dans l’article  Finances personnelles : capitaux propres et bénéfices et Apprendre les bases de l’analyse technique), et continue à l’appliquer en fonction de la stratégie et des objectifs choisis.

    Biais : effet de nom 

    Ce comportement est typique des pays dont l’économie est encore basée sur la liquidité, c’est-à-dire sur le cash, comme en Italie. 

     Même si un billet de 50 € a la même valeur que dix billets de 5 €, les Italiens seront prédisposés à dépenser la petite coupure plutôt que d’utiliser la même somme d’argent sous la forme d’un billet de plus grande valeur.

    L’effet sur les investissements est très similaire. Ceux qui abordent un investissement pour la première fois ont tendance à se concentrer sur un actif qui coûte pas cher. C’est-à-dire que l’on a tendance à choisir sans tenir compte d’une analyse approfondie ou de perspectives de gains réels.

    Effet de nom sur les cryptomonnaies

    Par exemple, lorsqu’il s’agit de cryptomonnaies, ce biais est récurrent lorsque l’on choisit des projets tels que Ripple ou Litecoin pour un premier achat parce qu’ils sont apparemment « moins chers » que le Bitcoin ou l’Ether. 

    Cependant, ces quatre cryptomonnaies ont des objectifs très différents et ont des perspectives de croissance tout aussi différentes. Tu peux lire les articles de la section « Cryptomonnaies » où tu trouveras des informations sur chaque crypto et leur mission. 

    Il reste le calculateur 

    Comme l’enseigne la finance comportementale, les émotions fortes sont un obstacle à notre rationalité. Tu ne devrais jamais prendre de décisions d’investissement lorsque tu es trop heureux ou trop triste. Surtout dans les situations à haut risque, il est facile de se laisser emporter par l’enthousiasme, la tristesse, l’anxiété ou la hâte. 

    L’aversion aux pertes

    Lorsque l’un de nos actifs ne fonctionne pas comme souhaité, la réaction émotionnelle à la perte est souvent plus forte que celle du gain. Il est donc bon de ne pas commencer par être excessivement optimiste au moment de choisir ton investissement. De même, il ne faut pas seulement regarder le rendement potentiel lorsque le risque est tout aussi élevé. 

    Cette tendance à subir davantage de pertes est responsable de l’effet de panique sur les marchés en crise. L’effondrement des marchés a incité les investisseurs à tout vendre pour éviter de nouvelles pertes. 

    L’effet panique dans les crises de 2008 et 2020

    Découvre comment la peur a eu un impact particulier sur les crises de 2008 et 2020. Dans une situation de très forte incertitude, les investisseurs n’ont pas pesé le pour et le contre de leur décision à long terme, mais ont réagi dans l’immédiat.

    L’autre attitude contre-productive consiste à vérifier compulsivement notre portefeuille d’investissement, surtout si cela affecte notre humeur. 

    Pour éviter ce comportement, il est bon de se renseigner sur le moment où il est vraiment opportun de contrôler ses actifs et de construire un plan stratégique en conséquence. Par exemple, si ton objectif est à long terme, il sera encore moins logique de vérifier la performance de ton portefeuille sur une base hebdomadaire. Le marché a besoin de prendre son temps !

    L'effet panique

    Anecdote

    Daniel Kahneman et Vernon Smith ont remporté le prix Nobel d’économie en 2002 pour avoir intégré la recherche psychologique et comportementale dans l’économie et la finance, en particulier en ce qui concerne le jugement humain et la théorie de la décision dans l’incertitude. Ils sont reconnus pour leur travail comme l’un des fondateurs de la finance comportementale.

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