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Qu’est-ce que le Bitcoin et comment ça fonctionne ?

8 octobre 2026

12 min

C’est quoi le Bitcoin et comment ça marche?
débutant

Le Bitcoin est la première crypto-actif réussie, même si d’autres, avant le “digital gold”, ont été envisagées mais jamais réalisées, ou mises en œuvre mais jamais adoptées par le public. En fait, Satoshi Nakamoto, le mystérieux inventeur du Bitcoin, a été le premier à rendre réellement possible l’échange de valeur entre personnes, sans intermédiaire, grâce à la technologie blockchain. Découvrons donc ensemble ce qu’est le Bitcoin, comment fonctionne une crypto-actif et de quoi dépend la valeur du Bitcoin.

Le Bitcoin : qu’est-ce que c’est et comment est-il né ?

Pour comprendre ce qu’est le Bitcoin et comment il fonctionne, il faut d’abord connaître son histoire. Commençons par la genèse : derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto se cache l’extraordinaire inventeur du Bitcoin qui, en 2009, a lancé la crypto-actif en réponse à la crise financière. Un projet basé sur la technologie blockchain, capable de s’opposer au système monétaire mondial centralisé et inégalitaire.

À ce jour, la véritable identité de Nakamoto est toujours inconnue, bien qu’il existe des hypothèses et et que certains se soient autoproclamés Satoshi. On ne sait même pas si le “créateur du Bitcoin” est plutôt un groupe d’informaticiens ou un seul individu : un anonymat qui n’est pas surprenant, après tout le Bitcoin est un réseau de pairs, personne ne possède exclusivement son code cryptographique, pas même le créateur. Satoshi Nakamoto n’a donc pas eu besoin de présenter son autorité pour que le Bitcoin fonctionne : c’est la décentralisation.

L’énigme qui entoure son identité relève toutefois de la légende : en 2008, Satoshi a publié en ligne le whitepaper du Bitcoin (Bitcoin: A Peer-to-Peer Electronic Cash System), un document dans lequel il affirmait avoir créé un système de paiement qui n’avait pas besoin de banques et qui était capable de transcender toutes les frontières géographiques et politiques. Le Bitcoin, en effet, est échangé en peer-to-peer (p2p) et sa sécurité ne nécessite pas l’autorité de tiers, puisqu’il est basé sur un protocole cryptographique. De plus, sa courbe d’émission suit un algorithme anti-inflationniste : le Bitcoin est conçu pour conserver son pouvoir d’achat dans le temps, mais sa valeur sera de toute façon soumise au marché, comme nous allons le voir.

En créant le Bitcoin, Satoshi Nakamoto a utilisé des concepts et des technologies déjà connus : la cryptographie, la blockchain, le mécanisme de validation des transactions (Proof-of-Work) et jusqu’à l’idée même de ” crypto-actif ” n’étaient pas nouveaux ; cependant, Nakamoto a eu le mérite de les combiner et de les réaliser. Mais d’où viennent ces idées ?

Le Bitcoin : qu’est-ce que le cypherpunk ?

De nombreux concepts essentiels au Bitcoin ont été développés par une communauté en ligne : les Cypherpunks, un groupe d’activistes de la confidentialité numérique dirigé par des personnalités telles que Timothy May. Dans le cadre de leur mission, ils voulaient créer une monnaie numérique aussi anonyme que l’argent liquide. En fait, plusieurs expériences de monnaies numériques circulaient déjà sur les listes de diffusion cypherpunk dans les années 1990.

Adam Back, un chercheur britannique, a créé le hashcash : le mécanisme de production de blocs, appelé Proof-of-Work, qui est devenu par la suite un élément central du Bitcoin. Un autre projet de monnaie numérique, appelé b money, a été conçu par un ingénieur informatique nommé Wei Dai. En 1998, Nick Szabo a envoyé son projet de monnaie numérique, appelé Bit Gold, à un petit groupe de passionnés, dont Wei Dai lui-même et Hal Finney. Ils ont essayé d’en créer une version fonctionnelle : Bit Gold était la tentative la plus proche du Bitcoin, un token numérique rare, comme l’or, qui pouvait être envoyé par voie électronique, sans devoir passer par une autorité centrale comme une banque. 

Les premières personnes à qui Satoshi Nakamoto a envoyé par courriel le whitepaper sur le Bitcoin sont M. Back et M. Dai, peut-être en remerciement de leurs recherches. En outre, M. Finney, décédé en 2014, a aidé Satoshi à améliorer le logiciel Bitcoin à l’automne 2008, avant sa diffusion publique.

Le début d’une ère : la genèse du Bitcoin

Le premier bloc d’une blockchain est connu sous le nom de bloc de genèse, et celui de Bitcoin a marqué le début d’une ère : créé le 3 janvier 2009 à 18:18, son code de référence cryptographique (hash) est connu de tous les participants au réseau comme point de départ, une “racine sécurisée”. En effet, chaque bloc est lié de manière immuable au premier par la fonction de hachage, de manière à construire un historique éternel des transactions Bitcoin, contenu précisément dans les blocs.

Satoshi a décidé de souligner l’événement historique de la naissance du Bitcoin en écrivant un message dans la seule transaction du premier bloc :

 The Times 03/Jan/2009 Chancellor on brink of second bailout for banks

La phrase fait référence au titre d’un article du Times du 3 janvier 2009, que l’on pourrait traduire en français par “Le chancelier fait l’hypothèse d’un second sauvetage des banques”. À l’époque, nous étions en effet toujours en pleine crise financière et, par ce commentaire, Satoshi Nakamoto a voulu exposer les motivations qui l’ont poussé à créer le Bitcoin, en les gravant dans le bloc de genèse. Cette phrase condense la position antithétique du Bitcoin par rapport au système financier actuel, tout en représentant une sorte de manifeste : elle inaugure la naissance d’une politique monétaire alternative.

Bitcoin : qu’est-ce qu’une crypto-actif et comment fonctionne-t-elle ?

Le Bitcoin, dont le ticker est BTC, est la première monnaie réussie basée sur la blockchain et la première application réussie de cette technologie révolutionnaire.

Le Bitcoin est une crypto-actif et, à ce titre, il a une valeur monétaire, comme toute monnaie fiduciaire. Contrairement à celles-ci, le Bitcoin circule dans un système décentralisé qui ne nécessite pas d’intermédiaires, comme les banques. L’émission et la sécurité des crypto-actifs, en général, sont programmées et contrôlées par des systèmes cryptographiques et des algorithmes appelés mécanismes de consensus.

Quelle est la valeur du Bitcoin ?

La valeur du Bitcoin n’a pas été établie au moment de sa création, et elle ne peut pas non plus être activement régulée par les gouvernements ou les banques centrales. La fluctuation de la valeur du BTC dépend essentiellement des volumes d’échanges, c’est-à-dire de la quantité de Bitcoins achetés ou vendus par les particuliers et les institutions. Comme toute bien rare, plus les gens veulent l’acheter, plus son prix devrait augmenter. La détermination de son prix relève donc en grande partie de la loi de l’offre et de la demande.

Cependant, pour le Bitcoin et les autres crypto-actifs, on pourrait reconnaître une valeur intrinsèque, indépendante du facteur marché. Nous parlons de la valeur et du potentiel des technologies sous-jacentes : les crypto-actifs sont des programmes développés sur la blockchain, et c’est de cette dernière qu’elles tirent leurs avantages, à savoir la sécurité cryptographique, la décentralisation et la programmabilité. Une monnaie pour tous, contrôlée par personne.

En effet, les crypto-actifs étant basées sur des codes et des algorithmes, leur fonctionnement dépend d’une logique prédéterminée. Le Bitcoin répond, en somme, à un “ensemble” complexe de conditions et d’automatismes, dont découlent ses cas d’utilisation. Cela a une autre implication précieuse : sous réserve d’un accord entre les participants au réseau, dans un processus appelé gouvernance, la logique des crypto-actifs peut être adaptée à de nouveaux besoins, précisément en raison de la programmabilité.

Pour en revenir à la tokenomique du Bitcoin, Nakamoto a fixé un maximum de 21 millions de Bitcoins, certes divisibles en fractions plus petites (l’unité minimale est appelée “satoshi” et correspond à 0,00000001 Bitcoin), mais avec l’idée que la raretè garantirait une plus grande stabilité à sa valeur.

Les Bitcoins sont produits et distribués en tant que récompense pour ceux (appelés mineurs) qui assurent la sécurité de la blockchain. Toutefois, l’émission de BTC présente un schéma particulier : tous les quatre ans environ, à partir de 2009, la récompense est divisée par deux, grâce à un mécanisme appelé Halving. En commençant par une récompense de 50 BTC par bloc, on estime que la dernière fraction de Bitcoin sera distribuée en 2140. Ce système devrait, en théorie, contrer l’inflation du Bitcoin.

Malgré le battage médiatique autour du Bitcoin en tant que moyen de paiement potentiel de l’avenir, dans certains scénarios de marché, beaucoup le considèrent comme un actif refuge, soutenu par le fait qu’il partage certaines caractéristiques avec l’or, comme la rareté : c’est pourquoi il est également appelé “or numérique“.

Le Bitcoin : comment sa valeur a-t-elle évolué ?

Le Bitcoin est passé d’un simple concept, décrit dans le whitepaper de Satoshi, à une véritable monnaie.

En janvier 2024, le Bitcoin a franchi l’une des étapes les plus importantes vers son adoption de masse : la Securities and Exchange Commission (SEC) américaine a approuvé les premiers ETF Bitcoin spot, émis par certains des plus grands gestionnaires d’actifs des États-Unis. Ces produits ont rendu le Bitcoin accessible via les circuits financiers traditionnels et figurent parmi les lancements d’ETF les plus réussis de l’histoire.

Depuis, le Bitcoin est sorti de plus en plus de la niche des « early adopters ». Un nombre croissant de sociétés cotées détiennent des BTC dans leur trésorerie et, en mars 2025, les États-Unis ont créé une réserve stratégique de Bitcoin, constituée de bitcoins précédemment saisis par l’État.

La réglementation a elle aussi beaucoup progressé. Dans l’Union européenne, le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets) est pleinement applicable depuis fin 2024 et introduit des règles communes pour les prestataires de services sur crypto-actifs, tandis qu’aux États-Unis le GENIUS Act, adopté en juillet 2025, a posé le premier cadre fédéral pour les stablecoins. Des règles claires, à la hauteur de l’innovation de la blockchain, sont essentielles pour dépasser les préjugés qui entourent encore cette technologie, souvent liés à une méconnaissance de son fonctionnement.

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Le premier achat en Bitcoin a eu lieu le 22 mai 2010 : Laszlo Hanyecz a envoyé 10 000 BTC à un autre utilisateur du forum, qui lui a commandé en échange deux grandes pizzas chez Papa John’s, d’une valeur d’environ 40 dollars. Depuis, le 22 mai est célébré chaque année comme le « Bitcoin Pizza Day »

Dans tous les cas, il est important de souligner que la valeur du Bitcoin n’a pas dessiné un arc de croissance régulier, mais plutôt une oscillation entre marché baissier et marché haussier. La volatilité a souvent caractérisé le prix du Bitcoin, entre des hauts et des bas passionnants. Cependant, l’évolution du cours du Bitcoin ne doit pas être un mystère : il existe plusieurs outils pour la suivre, comme les supports et résistances ou les trendlines !

Le Bitcoin sur le long terme

De toutes les crypto-actifs, le Bitcoin est la plus ancienne. Son réseau est resté en ligne et opérationnel 99,99 % du temps depuis sa conception il y a plus de 10 ans. Le Bitcoin est la seule crypto-actif à avoir une histoire similaire : son code s’est avéré une forteresse imprenable pour les pirates, même lorsque sa valeur aurait rendu une attaque extrêmement rentable. C’est un fait : l’algorithme du Bitcoin est sécurisé. Ce sentiment s’est depuis reflété dans la valeur du Bitcoin : alors qu’il faisait initialement l’objet de spéculations, sa technologie a conduit certains “holders” (les détenteurs de BTC) à le considérer comme un instrument ayant un potentiel à moyen et long terme. L’adoption croissante et les cas d’utilisation stimuleront l’intégration du Bitcoin et de l’économie réelle. Cela est susceptible d’influencer sa valeur à long terme.

Bitcoin : le nouvel Internet

Parler de ce qu’est le Bitcoin, c’est aborder l’une des innovations technologiques les plus intéressantes de ces 20 dernières années. Le changement apporté par le Bitcoin est, pour beaucoup, comparé à ce que l’internet a apporté à sa naissance.

Le Bitcoin est principalement connu comme une crypto-actif, mais il est bien plus que cela. Affirmer que le Bitcoin n’est qu’une monnaie virtuelle reviendrait à dire qu’Internet n’est qu’un échange de courrier électronique. En fait, les applications de la blockchain et des crypto-actifs, dont le Bitcoin est un exemple, sont allées jusqu’à définir une nouvelle ère : le Web3.

Si Internet a démocratisé l’accès à l’information, la diffusion des données et la possibilité d’accéder à la connaissance, le Bitcoin a démocratisé l’accès aux ressources financières, l’échange d’argent et la transparence de l’information, remettant en cause le système financier mondial actuel.

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